Explications pour débutants
Dans cet article, on donne quelques informations élémentaires et un peu de vocabulaire autour de l’ADSL pour aider les gens qui n’y connaissent rien (ou pas grand chose) à s’y retrouver dans le fatras de ce jargon technique.
On y explique entre autre ce que c’est que le "DSL", le dégroupage partiel ou total, etc.
Base de téléphonie
La téléphonie classique, celle qui marche depuis des décennies, c’est ce qu’on appelle le RTC (Réseau Téléphonique Commuté). C’est assez simple : on fait circuler du son (avec quelques déformations à certains endroits) sur une ligne électrique. Ça fonctionne à peu près comme des haut parleurs de chaîne hi-fi mais avec une grande longueur de fil électrique. En tous cas, ça ressemble à ça entre le central téléphonique et le téléphone de l’abonné. Les communications entre les centraux téléphoniques sont plus complexes, mais ce n’est pas trop le sujet ici.
L’accès Internet « bas débit » c’est le fait que deux modems discuttent entre deux via une communication téléphonique classique. Si on écoute la conversation, on entend effectivement du bruit (désagréable) : les deux modems se disent les informations numériques qu’ils ont à échanger.
La technique DSL (Digital Subscriber Line, ou Ligne Numérique d’Abonné) c’est à peu près la même chose, sauf que les deux modems retenus utilisent des sons inaudibles (très aigües ou très graves). Nos vieilles lignes téléphoniques en cuivre ne sont pas très adaptées au transport de ces sons. Plus la longueur du fil de téléphone est grande, moins les modems arrivent à s’entendre : les sons extrêmement aigües ne sont pas audibles à l’autre bout si le fil est trop long, par exemple.
L’accès Internet « haut débit ADSL » c’est l’utilisation de la technique DSL de manière asymétrique (d’où le nom ADSL pour Asymetric DSL) pour échanger des données numériques entre le modem de l’abonné et le modem qui se trouve dans le central téléphonique, à l’autre bout de la ligne de cuivre ; puis, de là, vers le fournisseur d’accès, et vers Internet.
Filtrage
On l’a vu, le RTC et le DSL n’utilisent pas les mêmes fréquences : le RTC utilise les fréquences audibles, alors que le DSL utilise des fréquences inaudibles. C’est cette propriété qui fait que les deux peuvent cohabiter.
Il faut cependant séparer les deux types de son de chaque côté de la ligne téléphonique. Ça se fait au moyen d’un filtre. Le mode de fonctionnement ressemble à ce qu’on peut faire avec un égalisateur sur une chaîne hi-fi : d’un côté le filtre laisse passer les sons utiles pour le RTC (c’est l’endroit où on branche le téléphone), de l’autre il laisse passer les sons utiles pour le DSL (c’est l’endroit où on branche le modem ADSL).
Il y a un filtre à chaque bout de la ligne téléphonique : un du côté de l’abonné et un du côté du central téléphonique. À la sortie du filtre chez l’abonné on sépare entre le téléphone et le modem ADSL ; à la sortie du filtre dans le central téléphonique on sépare entre les équipements qui servent pour le téléphone et ceux qui servent pour le DSL.
Le filtre sert essentiellement à éviter les fautes. Normalement, théoriquement, on ne devrais pas en avoir besoin : si le modem DSL ne parle que dans les sons inaudibles, et si le téléphone ne parle que dans les sons audibles, on devrait pouvoir ne pas utiliser de filtre. Mais dans la pratique ça ne marche pas bien : le téléphone fait parfois des bruits que l’on n’entend pas mais que le modem ADSL entend (par exemple quand on décroche).
Raccordement ADSL
De base, pour une ligne téléphonique normale, le fil de téléphone qui part de chez l’abonné est branché, dans le central téléphonique, sur l’équipement qui gère le téléphone (commutateur téléphonique).
Quand on demande que la ligne soit raccordée à l’ADSL, France Télécom (Maintenant Orange) raccorde la ligne sur un filtre, puis le filtre sur le commutateur téléphonique (pour la partie RTC), et l’autre bout du filtre sur un DSLAM (pour la partie DSL).
Un DSLAM c’est simplement une machine qui regroupe un grand nombre de modems DSL (une dizaines de modems pour les tout petits DSLAM, plusieurs milliers de modems pour les très gros).
Cette opération ne peut être réalisée que par France Télécom, puisque France Télécom est propriétaire de la ligne téléphonique. Sauf précision contraire, France Télécom raccordera la ligne à son propre DSLAM.
Dégroupage partiel
Le dégroupage partiel c’est le fait d’indiquer à France Télécom que le fil DSL qui sort du filtre doit aller sur le DSLAM d’un autre opérateur.
L’abonné se retrouve donc raccordé à deux opérateurs différents : à France Télécom pour le réseau téléphonique classique (RTC), et à l’autre opérateur pour le réseau DSL.
Pour être cet autre opérateur, il faut investir énormément d’argent. Un DSLAM, même petit, coûte cher. Le droit d’installer le DSLAM dans le central téléphonique coûte également cher, très cher. Pour installer des DSLAM dans toutes les grandes villes de France (ce que font les gros opérateurs comme Free ou NeufCegetel), l’investissement est de plusieurs centaines de millions d’euros.
L’opérateur alternatif paye, tous les mois, une redevance à France Télécom / Orange, pour financer l’entretiens des filtres et des différents systèmes qui sont entre l’abonné et l’opérateur.
Cette forme de dégroupage est ce que France Télécom appelle le dégroupage partiel « option 1 ».
Dégroupage total
Le dégroupage total, sur le principe, est assez différent. La ligne de téléphone de l’abonné est débranchée des équipements de France Télécom, et est branchée à la place sur les équipements de l’autre opérateur.
Les commutateurs téléphoniques coûtent très cher. Encore plus cher que les DSLAM. Ceux de France Télécom ont été financés par des emprunts garantis par l’état (à l’époque), et remboursés par des décennies de factures de téléphone. Les autres opérateurs n’ont en général pas envie d’investir de telles sommes ni de mettre aussi longtemps à les amortir.
Du coup, quand on est en dégroupage total, plutôt que d’être raccordé sur un filtre puis sur un commutateur et un DSLAM, on est en général raccordé directement sur un DSLAM, sans filtre, et sans commutateurs. On n’a alors plus de téléphone classique. On a seulement du DSL. Si on branche un bon vieux téléphone gris avec le cadran qui tourne sur la prise de téléphone, il n’y a pas de tonalité, on ne peut pas recevoir d’appel, on ne peut pas en passer.
Par contre on a du DSL. Si on branche un modem ADSL, il peut se connecter.
Dans le cas du dégroupage total, l’opérateur alternatif paye à France Télécom une location de la ligne de téléphone, pour couvrir les frais d’entretiens. Cette location revient quasiment au même prix que l’abonnement téléphonique classique de France Télécom.
Téléphonie sur IP
Sur le principe c’est assez simple : c’est un système qui permet de faire passer du son d’un ordinateur à un autre en utilisant le réseau Internet pour faire cet échange.
Quand un opérateur fournit de la téléphonie sur IP, en fait, il met sur Internet un ordinateur équipé des bons logiciels pour acheminer ces flux de son. Cet ordinateur est ensuite raccordé au réseau téléphonique classique et fait suivre la communication vers du téléphone habituel.
Quand l’abonné décroche son téléphone (qui est branché sur un appareil spécial, la MachinBox fournie par l’opérateur), son appel est envoyé vers l’ordinateur de l’opérateur qui fera suivre vers le réseau téléphonique. C’est la MachinBox (FreeBox, LiveBox, CBox, NeufBox, etc) qui fait croire au téléphone qu’elle est un bon vieux commutateur à l’ancienne.
Cette technologie revient moins cher que le téléphone classique, parce qu’elle évite de devoir installer des commutateurs téléphoniques dans tous les centraux téléphoniques de France (plusieurs milliers).
Ce que fait FDN
FDN fournit de l’accès Internet. FDN est trop petite (au moins pour le moment) pour avoir les moyens d’installer des DSLAM.
Quand un adhérent de l’association s’abonne à ADSL chez FDN, voilà ce qui se passe :
FDN transmet à son fournisseur un ordre demandant le raccordement de la ligne de l’adhérent au réseau DSL du fournisseur ;
le fournisseur transmet à France Télécom les ordres nécessaires (demande de raccordement ADSL, éventuellement de dégroupage partiel) ;
le fournisseur fera suivre, par la suite, toutes les informations entre l’abonné et les machines de FDN.
Pour ce qui est du choix du fournisseur, il n’y en a pas beaucoup. Il n’y a que trois opérateurs qui installent des DSLAM en France :
France Télécom
NeufCegetel
Free.
Le troisième ne fait pas de revente. On avait donc le choix entre France Télécom et NeufCegetel. On a pris le moins cher des deux, NeufCegetel.
FDN fait de la revente de dégroupage partiel option 1, pour que les adhérents puissent quand même avoir un accès téléphonique (ça reste pratique, quand l’accès Internet est en panne, pour prévenir).
FDN ne fait pas encore de dégroupage total. Pour le moment, ce n’est pas rentable pour l’adhérent : le montant que FDN devrait payer à France Télécom (via NeufCegetel) est quasiment le même que le prix de l’abonnement que l’adhérent aurait payé chez France Télécom. Sauf qu’en contrepartie de cette somme, France Télécom ne fournit rien. S’il y a une panne sur la ligne, l’abonné ne peut pas appeler France Télécom pour la faire réparer (il n’est plus client) par exemple.
Bref, pour nos adhérents, ça reviendrait à peu près au même prix (une économie de l’ordre de 1 ou 2 euros par mois) pour un service de moins bonne qualité.

