FDN, fournisseur d’accès local ?
La question s’est posée plusieurs fois, pendant le Printemps de Opérateurs Locaux 2006, mais aussi pendant sa préparation.
Est-ce que FDN est un opérateur local ? Visiblement pas, puisqu’on fournit des accès dans toute la France. Et pourtant, ça fait partie des aspirations de l’association de muter pour devenir des (oui, des, au pluriel) opérateurs locaux. Voyons un peu comment.
Taille critique - la basse
En dessous d’une certaine taille, un fournisseur d’accès, même associatif, n’est pas viable. Il y a une taille critique à atteindre.
On l’a vu par l’exemple, dans la pratique. Pour l’ADSL cette première étape se situe autour de 50 abonnés, et si on veut un peu de sécurité, autour de 100 abonnés.
C’est un premier phénomène important et c’est lui qui empêche de voir naître spontanément un fournisseur d’accès associatif en région. Il faudrait fédérer d’entrée de jeu une cinquantaine de personnes, ce qui est beaucoup quand on n’existe pas encore et qu’on n’a rien à proposer comme service.
Lors de la création de FDN, en 1992, les investissement étaient déjà très élevés, et les adhérents n’étaient pas nombreux. Ils ont chacun contribué énormément, offrant du matériel, de l’argent et du temps sans compter. C’est véritablement complexe de réunir tout ça, la probabilité de voir une telle association se monter est donc très faible.
Taille critique - la haute
Une autre taille critique appraît dans le mode de fonctionnement de FDN. Tout est fait avec du bénévolat, sur le temps libre. Beaucoup de travail est fait à la main, au moins toute la partie paperasse.
Si on atteignait 1000 lignes ADSL, si chaque adhérent ne fait une modification sur sa ligne que tous les 3 ans (changement d’adresse, résiliation, etc), ça fait un changement par jour. Probablement trop compliqué à gérer sans salarié.
Il y a donc une taille critique haute, au delà de laquelle l’association deviendrait ingérable. On ne la connait pas encore bien, mais il semble qu’à partir de quelques centaines de lignes ADSL les choses se compliqueraient.
Essaimage
L’idée est donc relativement simple. Plutôt que d’essayer de créer une structure associative autonome qui serait destinée à fournir de l’accès sur une zone géographique donnée, et qui n’aurait aucune chance de voir le jour faute de moyens humains et financiers, les contrats seraient souscrits directement par FDN, qui assumerait ainsi les investissements.
Une fois que la zone géographique en question comporterait suffisament d’adhérents, on travaillerait alors à découper FDN, faisant passer les adhérents de la zone géographique en question dans une nouvelle association, régionale, avec leur accord bien entendu.
On retrouverait alors trois entités : FDN-Région, pour la région en question, FDN-National pour les adhérents du reste de la France, et FDN qui deviendrait une fédération d’associations. Le découpage de FDN-National, ou même de FDN-Région, selon leurs croissances respectives se continuant dans la même logique.
Bien entendu, dans la pratique, le moment venu, il y aura énormément de problèmes à régler et de détails à mettre au point (quelle association porte quel contrat, comment on se réparti la propriété des infrastructures, etc). Mais l’idée est là, et elle est intéressante : utiliser FDN dans sa forme actuelle comme tremplin pour lancer des fournisseurs d’accès associatifs locaux, et pour les fédérer. Il ne restera plus, le moment venu, qu’à trouver les détails du mode d’organisation.

